Hôtel Bongruau
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 L'oiseau aux ailes brisées

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2 participants
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Rosalyne Devaux
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Rosalyne Devaux

Messages : 103
Date d'inscription : 22/08/2012

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MessageSujet: L'oiseau aux ailes brisées   L'oiseau aux ailes brisées Icon_minitimeMer 29 Aoû - 1:03

Le vent soufflait sur Paris. Un vent froid. Un vent qui glaçait les cœurs et les corps. Un vent comme je les aime. Comme je les aimais. Sur le bord de la falaise, je me tenais droite, droite comme je ne l’avais jamais été. Seule, je me sentais si seule. La maladie m’avait volé tous ceux que j’aimais, et avait gardé en vie ceux que j’aurais voulus mort. Connasse de maladie. Sa faute, tout était sa faute. De rage, mes doigts tremblaient. Je lui aurais tordu, ce cou. Si seulement j’avais réussis. Si seulement je n’avais pas échoué. Si seulement…

D’un geste que je voulais ferme, j’essuyais les larmes qui coulaient dangereusement sur mes joues. Lançant un regard sur le bandage qui recouvrait mon poignet, une nouvelle barrière d’eau bloqua ma vision. Je me mordis l’intérieur des joues, tentant vainement de reprendre le contrôle sur mes émotions. Je me sentais comme si mes poumons et mon cœur allait éclater. De l’air pur, il me fallait de l’air pur. Une goulée, seulement une goulée. J’étouffais. La boule dans ma gorge m’empêchait de respirer librement. La rage, la peur, la douleur, le mépris, la honte. L’immensité de tous mes non-dits m’étranglait.

Usant de toutes mes forces, je me hissai hors de cette ancre qui me maintenait au sol, qui m’empêchait de déployer mes ailes. Je fis quelque pas, histoire de me rapprocher du précipice. Plaçant mes mains en croix, je défiai le vent de me charrier, tel ce pantin de chair qui volait au gré de la bourrasque non loin de moi.


- Qu’est-ce que tu attends? hurlai-je à une quelconque entité supérieure qui pouvait avoir une emprise sur ma misérable vie. Fait que ce cauchemar se termine, tue-moi!

Ma dernière phrase se termina sur un sanglot. J’en avais marre de survivre. J’avais toujours voulu vivre, et me voilà qui pourrissait sur un fauteuil, incapable de faire plus de dix pas sans m’écrouler sans souffle sur le sol. Foutue maladie. Après un geste rageur obscène au ciel au je vis un dernier pas. Cette fois-ci, je ne me raterais pas.

HRP : Avis à quiconque songe s’aventurer hors des murs sécurisant de l’hôtel, le vent souffle puissamment. En sortant, vous serez malade pendant plusieurs jours, infecté ou pas. Il est dangereux de sortir. Sachant cela, oserez-vous affronter la mort pour sauver quelqu’un dont vous ne connaissez presque rien?
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Damien Langlois

Damien Langlois

Messages : 18
Date d'inscription : 23/08/2012

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MessageSujet: Re: L'oiseau aux ailes brisées   L'oiseau aux ailes brisées Icon_minitimeMer 29 Aoû - 4:02

À quelques pas derrière, un peu plus de quelques mètres, sous les branches et le feuillage d'un arbre, se tenait un homme aux cheveux d'ébène. Damien avait remarqué son absence depuis un moment. Il croyait qu'elle était partie aider au lavage, mais avait bien vu, après un moment, que son absence tardait. C'est lorsqu'il était en train de jouer du violon au deuxième étage qu'il la vit, en haut d'une colline et près d'un précipice dont la vue été visible par la fenêtre de sa salle de pratique. Elle ne devait pas sortir de là, elle était déjà malade d'une maladie physique. Damien, qui avait l'habitude de l'extérieur et dont la maladie qui durait un certain temps après l'excursion était devenue coutumière, était sorti normalement, comme quelqu'un sortait de chez lui dans le temps où tout était en ordre.

Pour le moment, il allait bien. La maladie de plus tard, il l'endosserait. C'était son travail de récupérer les survivants que l'on trouvait à l'extérieur, alors il ne voyait pas pourquoi il ne pourrait pas ramener quelqu'un qui sortait de l'hôtel et qui était encore en vie. De plus, elle faisait partie des rares personnes sensées qui se trouvaient en ces murs avec lui. Le vent était très fort et Damien doutait qu'elle aie entendue son arrivée, trop occupée à pleurer et à crier. Puis, il la vit avancer dangereusement vers le précipice. Par chance pour elle, un ange-gardien se trouvait non loin, le genre qui n'hésitait pas et qui, dans le doute, passait à l'action plutôt que de regretter plus tard. Pas le genre d'ange-gardien des contes de fées, dans le style blanc avec de grandes ailes et toujours parfait qui veut le bien pur et dur, non. Le genre d'ange-gardien dont on se demande si ce n'est pas que par un coup de chance qu'il est venu nous sauver. Néanmoins, il était bel et bien là, et il couru assez vite pour rattraper la demoiselle qui tentait de se jeter en bas de la falaise en la prenant par la main avant que son pied commence à tomber dans le néant qui semblait être la seule issue pour la jeune femme à mobilité réduite.


- ''Il n'est pas sage de vous aventurer à l'extérieur dans votre condition, vous savez, demoiselle Devaux... mais, ça, vous devez déjà le savoir.''

Puis, sans avertissement et, probablement sans résistance puisque Rosalyne était normalement faible, Damien la prendrait dans ses bras rapidement, mais doucement à la fois, dans le but de la ramener vers sa chaise roulante. Il se disait que la laisser se supporter par ses jambes une seule seconde de plus pouvait lui être très néfaste.
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Rosalyne Devaux
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Rosalyne Devaux

Messages : 103
Date d'inscription : 22/08/2012

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MessageSujet: Re: L'oiseau aux ailes brisées   L'oiseau aux ailes brisées Icon_minitimeMer 29 Aoû - 15:26

Le vent soufflant des me courts cheveux, j’attendais avec impatience le moment où le sol se déroberait sous mes pieds, où la descente serait le dernier instant que je vivrais. Ce moment me fut volé. J’avais fermé les yeux, savourant déjà la douce mort qui m’attendait lorsque quelqu’un me saisit la main. J’ouvris brutalement les paupières, la réalité s’imposant à moi. Encore raté.

- Il n'est pas sage de vous aventurer à l'extérieur dans votre condition, vous savez, demoiselle Devaux... mais, ça, vous devez déjà le savoir.

Mademoiselle Devaux. Ça ne pouvait être que lui. Tournant la tête vers Damien, je lui lançai plein de poison. Sans en prendre compte, il me prit dans ses bras, comme la pathétique handicapée que j’étais. J’eus beau tenter de me déprendre de son emprise, ma petite marche m’avait vidée. Rageusement, je le laissai me poser dans ma chaise roulante. Comment osait-il? N’était-ce pas évident? Ce n’était pas qu’une stupide mise en scène pour attirer l’attention, je ne voulais vraiment plus vivre dans ce monde en péril. Fiévreusement, je défie le bandage à mon poignet que j’avais si soigneusement placé. Caché sous celui-ci se trouvait de nombreuses blessures. À les voir, on aurait dit que je venais de me les faire. Bien qu’aucun sang n’en coulait, elles n’étaient pas cicatrisées.

- Vous voyez celle-ci? lui dis-je en lui montrant la première, à l’endroit pile où l’on coupe pour se vider de son sang. Je me la suis faites il y a trois ans de cela. Vous vous rendez compte? Trois ans! Et elle a toujours la même apparence qu’au premier jour. mon sang est rendu si épais que mes plaies ne guérissent pas.

Ravalant les larmes qui menaçaient de couler, je lui lançai un regard qui démontrait bien toute la douleur que je vivais. C’était accidentel cependant. Je détestais plus que tout montrer ma faiblesse, mais il m’avait surprise dans le pire moment qui soit.

- C’est la maladie qui m’a fait ça, rajoutais-je avant qu’il dise quelque chose. Elle réagit différemment avec tous. Que feriez-vous à ma place? Qu’auriez-vous fait si elle vous avait volé votre liberté? Qu’elle vous avait volé votre seule raison de vivre? Sachez que je ne me laisse pas abattre aisément, mais après trois ans de tentative ratée de ravoir le plein usage de mes jambes, je n’en pouvais plus comprenez-vous? Il est normal non de souhaiter en finir?

Ne pouvant plus lutter contre les larmes, je détournais le regard, me mangeant encore l’intérieur des joues, comme je le faisais si fréquemment lorsque je me sentais sur le point d’exploser. Je fermai les yeux.

- Faites que ce ne soit qu’au mauvais rêve. Faites que je me réveille…
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Damien Langlois

Damien Langlois

Messages : 18
Date d'inscription : 23/08/2012

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MessageSujet: Re: L'oiseau aux ailes brisées   L'oiseau aux ailes brisées Icon_minitimeJeu 30 Aoû - 6:27

Damien Langlois l'avait bel et bien ramenée sur sa chaise roulante. Autant il n'aurait eu aucun problème à la porter plus longtemps en temps normal, autant la faiblesse que lui apportait la maladie semblait déjà apparaître à l'intérieur de lui. Il savait qu'il en aurait pour un moment à se reposer. Tant pis, ça en aura valu le coup.

Damien ressentait une certaine empathie envers cette femme qui était un peu plus vieille que lui. L'infection lui avait volé ses jambes et, lui, allait physiquement encore assez bien depuis l'infection, malgré ses problèmes respiratoires. Peut-être qu'il n'en était qu'à la première phase et que le pire était à venir. Elle semblait le détester pour ce qu'il venait de faire... il s'en était attendu. Sur le moment, elle voulait s'enlever la vie mais, plus tard, elle le remercierait sans doute. Cette jeune femme qui devait avoir été pleine de vie, autrefois, agissait maintenant comme une coquille vide, morte, qui n'attend que le jour où le triste destin qui s'est acharné sur elle lui enlève tout ce qu'il lui restait, son enveloppe charnelle.

Le musicien la regarda défaire ses bandages pour montrer les coupes à son poignet. Elle se vidait, non pas de son sang mais bien de ses émotions qu'elle gardait en dedans d'elle tout ce temps et qui sortaient maintenant au lieu d'exploser à l'intérieur de son corps fragile. Damien l'écouta sans l'interrompre, car il avait le sentiment que c'était ce dont elle avait de besoin. Lorsqu'elle détourna le regard, Damien prit un moment où il pouvait entendre et sentir le vent qui était toujours assez violent. Il devrait parler plus fort, lui aussi, s'il voulait être entendu. C'est avec un regard au loin, vers l'horizon, mais dos à Rosalyne Devaux, qu'il parla finalement.


- ''La maladie n'a pas uniquement volé votre liberté à vous. Elle a volé celle de tout le monde en les obligeant à se cloîtrer dans un vulgaire hôtel en attendant ce qui semble pour certains être inévitable. Certes, vous ne pouvez plus marcher, mais pour quoi faire, marcher? Beaucoup des résidents de l'hôtel qui ont encore leurs deux jambes ne sortent jamais. Prenez Olivier qui est presque toujours dans sa cuisine. Oui, elle a encore la capacité de marcher, mais est-elle vraiment plus libre que vous?''

Damien parlait rarement beaucoup. Il pouvait tenir une longue conversation avec quelqu'un, mais c'était pratiquement toujours l'autre qui parlait le plus... sauf en ce moment.

- ''Vous savez pourquoi j'ai demandé de me charger de trouver des survivants à l'extérieur? Parce que je n'ai pas foi en la bande de joyeux lurons qui réside avec nous. Certains, oui, sont efficaces ou me semblent assez réfléchis et sages pour nous être utile dans plusieurs circonstances... vous en faites partie... mais d'autres me semblent aveugles de la situation dans laquelle nous sommes. Ces aveugles, ce sont eux les véritables handicapés, car ils s'enlèvent l'espoir de sortir en santé de cette épidémie. Ce sont ceux comme toi et moi, qui voient le problème tel qu'il est et avec l'ampleur phénoménale qu'il a, qui auront la force, en surmontant leurs craintes, de risquer tout dans le but de trouver notre un remède, une solution. Je n'ai pas foi en nos scientifiques. Ils ne nous mèneront pas vers la réussite... mais ailleurs, dans cette ville si ça se trouve, il y a un véritable scientifique qui pourra davantage nous être utile, j'en suis sûr.''

Puis, pendant un moment, il se mit à respirer de travers. Il mit sa main dans les poches de son veston pour en ressortir une pompe pour ses problèmes respirations. Il l'actionna dans sa bouche, respira l'air curatif qui en sortait, et le remit dans sa poche. Ils ne devaient pas la perdre.

Damien s'approcha des quelques deux pas qui le séparait de sa chaise. Il se pencha et prit, doucement, le visage qui lui faisait encore dos, dans sa main droite, tentant de le tourner tranquillement vers lui, si elle lui laissait. De son ton de voix habituellement calme, il continuait, la regardant dans les yeux, s'il avait au sa coopération. Elle pouvait facilement voir les contours de ses yeux, noirs, ainsi que les traces noirs qui se formaient dans son iris gris... l'infection.


- ''Tu représentes, à mes yeux, l'espoir. L'espoir de la réussite. L'espoir de trouver l'antidote au problème. L'espoir d'une vie normale, comme avant. On comprend encore si peu de cette infection. Lorsqu'on aura mieux saisi son fonctionnement, des experts pourront surement lui trouver un antidote. Garder espoir.''
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MessageSujet: Re: L'oiseau aux ailes brisées   L'oiseau aux ailes brisées Icon_minitime

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